Berlin 1944Aleister Crowley ouvrit brusquement les yeux. Sa chambre était noyée dans l'obscurité. Il colla son visage rougi par les draps rêches contre les carreaux sals de la pièce. Au dehors Berlin s'éveillait. Il avança, trainant les pieds sur la moquette défoncée. Mais pourquoi était-il ici ?
Aleister se frotta le front avec le plat de la main, chose qu'il avait l'habitude le faire lorsque la colère commençait à monter en lui. Il scruta les ténèbres dans l'espoir de découvrir un indice permettant de lui révélé la raison de sa venue. Crowley tourna instinctivement le regard vers le lit et vie le pied d'un homme dépassant du drap blanc immaculé. Lançant un juron il ramassa ses vêtements éparpillés sur le sol et les enfila. Son poignait était strié de ça et de la par des marques bleues qui lui faisait un bien affreux. Cette amour pour la souffrance il ne la connaissait que depuis peu mais, maintenant ne pouvait passer un seul jour sans la renouvelé. Avec des hommes de préférence. Des jeunes hommes qu'il payait sans aucun regret car, chaque fois, ils lui donnaient du plaisir.
Celui là ce réveillerait et récupérerait l'argent laissé sur la table de chevet. Ou il ne se réveillerait pas, cela dépendait de l'humeur d'Aleister. Mais aujourd'hui, il n'avait pas envie de le mutiler à mort. Il était trop beau pour ça. Il pouvait encore servir.
Déposant quelques reichsmarks sur la table, il sortit dans le corridor de l'hôtel sans regarder derrière lui.
Le couloir n'était pas large et ont percevait des cris qui parvenaient des chambres. Des cris de putains se dit Aleister qui les méprisait au plus au point. Pourtant, il engageait des hommes, cela revenait au même mais les femmes n'étaient rien pour lui. Elles ne servaient à rien et il se demandait pourquoi Dieu les avait mis sur cette terre, mais il lui pardonnait, tout le monde fait des erreurs.
L'hôtelier somnolait dans les limbes de l'alcool et Crowley était pressé. Il appuya une dizaine de fois sur la sonnette en cuivre verdit par le temps.
Le vieil homme ouvrit de grosses paupières lourdes comme deux enclumes :
_ Combien vous dois-je ? Demanda Aleister
_ Numéro de votre chambre siouplait ?
_ 12
_ Euh... cinq reichsmarks
Aleister sortit une bourse de sa poche. Celle-ci était remplit de pièces de monnaie. Il en tendit cinq à l'hôtelier et sortit. Le vieil homme rangea les marks dans la poche de sa chemise délavée et se remis à rêvasser.
Les rues de Berlin étaient froides. Dans le ciel, les étoiles étaient toujours là mais commençaient à s'éteindre car le jour venait prendre leurs places. Aleister n'aimait pas grand-chose du monde à part lui-même et ses idéaux mais il aimait les étoiles. Il pouvait les contempler des heures durant et penser. Penser au monde qui l'entourait et déverser sa haine comme un venin dans les veines de la société. Un jour il s'était demandé : Pourquoi tant de haine ? La réponse il ne l'avait pas encore trouvé. Il ne la cherchait plus désormais.
Les drapeaux à la croix noire flottaient dans l'air frais du matin. Aleister les contemplait. Ils en comptaient une dizaine autour de lui mais il y en avait déjà trois sur l'imposant monument qui lui faisait face : le Palais du Reichstag, en ruine par endroit, seule le dôme était intact: il avait été restauré.
Il pressa le pas devant les sentinelles du palais. Ceux-ci tenaient dans leurs mains une arme imposante. Leur corps ployait presque sous le poids de l'arsenal et, quand Aleister arriva à leur hauteur, les gardes lui firent un salut. Un salut ridicule.
Crowley desserra la mâchoire lorsqu'il arriva sous le dôme. Un homme de forte corpulence vint le trouver. C'était Helmut Rimmer, un ancien SS qui avait muté ici, dans la capitale du Reich. Il dirigeait avant les rampes d'exécution d'Auschwitz-Birkenau mais, en Pologne, il avait contracté une horrible maladie dont personne n'avait jamais été atteint encore. On le croyait perdu. On avait déjà préparé les funérailles nécessaires à un si bon élément mais le destin en avait décidé autrement. Le 12 juin 1943, le décès était prononcé. On le mit dans un cercueil pour le rapatrier en Allemagne, sa terre natale. Durant le trajet en corbillard, le cerveau de Rimmer se remit à fonctionner, et le pauvre homme, coincé dans son tombeau se sentit perdu. Le chauffeur, ayant écouté des bruits suspects s'était arrêté sur le bord d'une route de campagne. Il comprit très vite que ces bruits venaient du cercueil et l'ouvrit tant bien que mal. En voyant les yeux du défunt ouverts et pétillants, c'est lui qui en décéda.
On pouvait donc dire que Helmut Rimmer revenait de loin.
_ Bonjour Mr Crowley lança Rimmer
_ Bonjour répondit aimablement Aleister
_ A vrai dire je ne vous attendez pas de si bonne heure et Monsieur est toujours en réunion.
_ Cela ne fait rien. J'ai tout mon temps.
_ Venait dans mon bureau, je viendrais vous cherché lorsqu'il sera en mesure de vous recevoir.
Aleister suivit Rimmer jusque dans son bureau. Celui-ci était vaste et au mur on voyait des tableaux du Führer.
Aleister était un vieil homme et il prit place dans un fauteuil sans que Rimmer l'eu invité.
Rimmer eu un haussement d'épaules. Il n'aimait pas Aleister. Il le trouvait malséant.
D'un côté, il l'était.
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